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Déchirements
En prélude, voyez le court métrage Le tirage au sort, de Hamza Zakari Yaou Sélection Festival de Montréal des films de l’Asie du Sud – 2018 Depuis l’affaire Shafia en 2009, où quatre femmes ont été tuées, une prise de conscience s’est opérée dans la société québécoise. Les violences basées sur l’honneur existent ici aussi. Des jeunes – très majoritairement des filles – font face à des pressions et des interdits, que ce soit au sujet des sorties scolaires, de la tenue vestimentaire ou des fréquentations, tout cela au nom de l’honneur. Certaines sont parfois même contraintes par leur famille à épouser le candidat que cette dernière a choisi pour elle. Refuser d’obéir peut représenter un lourd tribut à payer: contrôle abusif, séquestration, coups, rejet, solitude. De cela résultent un mal-être profond, des déchirements sans nom entre sa culture d’origine, qu’on voudrait sauvegarder, et celle du Québec, qu’on voudrait adopter. Presque dix ans après l’affaire Shafia, le Québec a-t-il fait ses devoirs et peut-il dorénavant faire face ces situations? Que se passe-t-il aujourd’hui lorsqu’une de ces filles demande de l’aide? Qui est là pour elle? Et qu’est-ce qui peut être fait? Des professeurs, des directeurs d’école, des organisateurs communautaires, des policiers sont mobilisés. C’est de cette mobilisation dont ce film se fait écho. Diplômée en sciences politiques, Raymonde Provencher se consacre à l’information internationale depuis plus de trente ans. En 1983, elle fait partie du petit groupe qui met sur pied l’émission Nord-Sud à Télé-Québec. L’émission marque son époque par sa pertinence et son ouverture […]
Un homme sage-femme
Louis Maltais aime les défis. À 27 ans, cet ex-artiste de cirque débute sa formation pour devenir le premier homme au Québec à exercer le métier de sage-femme. Sur une période de quatre ans, le film accompagne Louis dans un véritable parcours initiatique. Au-delà de la pratique sage-femme, on y raconte une histoire universelle : celle de la transformation profonde d’un individu qui, malgré les épreuves, le doute et les préjugés, est déterminé à vivre sa passion. En 1997, ses études à peine terminées, Martine part réaliser son premier documentaire en faisant le tour du monde. Son côté nomade se transpose jusque dans sa démarche, puisqu’elle navigue aisément entre les genres: documentaire, fiction, expérimentation, animation. Peu importe le sujet qu’elle aborde, ce qui l’intéresse, c’est d’abord l’humain : ce que les gens sont, les défis auxquels ils font face, leur vision du monde, leurs motivations. Ses documentaires nous mènent à la rencontre de personnes authentiques, souvent touchantes, qui questionnent nos a prioris ou nous font réfléchir à des enjeux sociaux plus larges. Formellement, elle n’hésite pas à faire usage d’effets visuels ou d’animations quand cela sert le propos. Son travail est diffusé en festivals ainsi qu’à la télévision.
Xalko
Sélection officielle en compétition – Rencontres internationales du documentaire de Montréal 2018 Ce film raconte l’histoire de Xalko, mon village natal. L’un des rares villages kurdes situé au cœur de l’Anatolie centrale en Turquie. Aujourd’hui, déserté par ses hommes qui ont tous émigré en Europe ou en Amérique, Xalko existe encore grâce à celles et ceux qui gardent le fort tout en espérant le retour de leurs maris et de leurs pères absents, qui parfois ne reviennent jamais ou alors pour quelques jours seulement en Été. Ce documentaire observe la vie qui se poursuit à Xalko et questionne l’avenir de ce village menacé par l’exode. Ultimement, Xalko porte un regard insolite sur la migration du point de vue de ceux qui restent. Né en Turquie, Sami Mermer a réalisé La boite de Lanzo, un documentaire sur les sans-abri aux U.S.A. Il a aussi coréalisé et filmé les Tortues ne meurent pas de vieillesse, un film nominé aux Jutra 2012 et récipiendaire d’une mention spéciale aux Rendez-vous du cinéma québécois. Son dernier film Callshop Istanbul, coréalisé avec Hind Benchekroun, s’est promené dans plusieurs festivals et a gagné plusieurs prix: Grand prix 2M et Prix des droits humains au Fidadoc (2016); Meilleur documentaire at Duhok film festival et Meilleur documentaire au Golden tree film festival. De plus, il a été nominé meilleur montage et meilleur documentaire au Gala-Québec Cinéma en 2017. Sami fut coscénariste et assistant réalisateur du film Ax (the land) (1999), récipiendaire de plusieurs prix dont celui du jury du Festival du film de Hamburg […]
Sans maman
Sélection officielle – Festival international du cinéma francophone en Acadie 2018 Le 31 août 1995, la vie des Guerrette bascule dans la tragédie. Mona, la mère, meurt à 42 ans des suites d’un cancer du sein. Elle laisse derrière elle un mari et deux fillettes, Mylène et Marie-France, à qui elle lègue une cassette enregistrée peu de temps avant sa mort, sur laquelle elle leur adresse un message d’adieu qui s’avérera être le testament d’une vie. Comment survivre à la perte quand on est enfant? En mettant en scène sa vie et celle de sa famille, Marie-France Guerrette nous laisse entrer dans l’intimité de son deuil. Ponctuant le récit, les archives vidéo, imparfaites et chargées d’émotion, construisent le mythe familial. La réalisatrice pointe sa caméra sur ses proches. Empreints d’authenticité, ces entretiens représentent une prise de parole libératrice. Au cours de sa quête, la cinéaste découvre son lourd héritage : le cancer génétique. En plus de faciliter le processus de deuil, ce documentaire familial aura été une incitation à passer à l’action. Et une façon de traverser du côté des vivants. Marie-France Guerrette a commencé sa carrière à la télévision à l’âge de 14 ans, alors qu’elle était coanimatrice d’une émission jeunesse de Radio-Canada. Depuis, elle a participé à de nombreuses émissions spéciales et séries télévisées diffusées à l’échelle nationale en tant que réalisatrice, productrice principale et productrice exécutive. Grâce à ce parcours aussi riche que diversifié, Marie-France a développé une solide expérience qui lui permet de gérer tous les aspects d’une production à grande […]
Premières armes
Sélection officielle – Berlinale 2018 Sélection officielle – Festival international de Film d’Édimbourg 2018 Sélection officielle – Hot Docs 2018 Lancés dans une formation intensive de 12 semaines, de jeunes civils se voient progressivement transformés en soldats. Véritable expérience cinématographique plongeant le spectateur au cœur d’une formation militaire, Premières armes dépeint avec nuance et humanité ce passage obligé vers l’endoctrinement. Avec un mélange d’appréhension et d’enthousiasme, les recrues intègrent petit à petit les rangs de ce qui deviendra leur nouvelle famille. Originaire du village côtier de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, Jean-François Caissy est habitué aux grands horizons qui ouvrent le regard. Ces grands horizons ont fait de lui un artiste indépendant, présent aussi bien sur la scène cinématographique que dans le domaine des arts visuels. Il tourne en 2005 son premier long métrage documentaire, La saison des amours, qui décrit des retrouvailles familiales à l’occasion d’une partie de chasse annuelle. Le film est bien accueilli par la critique. Suit en 2009 La belle visite, réalisé dans le cadre d’une résidence d’artiste au sein des Films de l’Autre. Cette production, qui s’attache au quotidien d’une résidence pour personnes âgées située dans un motel abandonné au bord du fleuve Saint-Laurent, lui vaut la reconnaissance internationale. Présenté en première mondiale au 60e Festival international du film de Berlin, le film remporte le Prix du meilleur documentaire au FICFA, obtient une nomination dans la catégorie du meilleur documentaire à la soirée des Jutra et à la cérémonie des prix Génie, en plus d’être sélectionné dans plusieurs festivals prestigieux, dont le […]
Exarcheia, le chant des oiseaux
Compétition Nationale Longs Métrages – Rencontres internationales du documentaire de Montréal 2018 Une nuit à Exarcheia, un quartier bouillonnant, le plus actif politiquement de toute la Grèce dit-on. En plein cœur d’Athènes, au pied de l’Acropole, déambulation sous les réverbères, entre pénombre et lumière. Les conversations nous guident et nous retiennent. Chargées d’idéaux, de rêves et d’aspirations, les voix s’enflamment ou étouffent, mais ne se taisent jamais. EXARCHEIA est un essai poétique et polyphonique qui nous fait découvrir, sur fond de crise, des gens pour qui le vivre ensemble est avant tout une question de parole partagée et d’espoir tenu en suspens. Passionnée d’urbanisme et de cinéma, Nadine Gomez a développé au fil des années un intérêt marqué pour l’image photographique et audiovisuelle. Les transformations sociales et urbaines, l’identité qui se constitue à partir des lieux et de l’histoire, les ruines modernes sont autant de problématiques qui la passionnent et qui nourrissent sa réflexion. Diplômée de l’UQÀM en journalisme, elle a poursuivie ses études au 2e cycle en communication où elle a fait un mémoire proposant une comparaison entre le journalisme et la fenêtre d’architecture. Elle a réalisé deux court métrages documentaires, Le Horse Palace (2012), et Métro (2015), ainsi que diverses expériences sur des projets indépendants, lui ont permis de développer une expertise et d’approfondir son questionnement de manière plus personnelle. Nadine travaille également, depuis 2010, chez Diffusion Multi-Monde, comme directrice de la distribution en salle, en festival et à la mise en marché.
Anthropocène : L’Époque humaine
Meilleur long métrage documentaire Ted Rogers – Prix Écrans canadiens 2019 Sélection spéciale – Berlinale 2019 Sélection officielle – Festival du film de Sundance 2019 Méditation cinématographique sur la réingénierie massive de l’humanité sur la planète, ANTHROPOCÈNE : L’époque humaine soutient que nous sommes maintenant à l’époque de l’Anthropocène, à la suite de changements humains profonds et durables sur la Terre. Les réalisateurs ont parcouru le monde pour récolter des preuves de la domination planétaire humaine, à l’aide de techniques photographiques de pointe. À l’intersection de l’art et de la science, ANTHROPOCÈNE : L’époque humaine témoigne d’un moment critique de l’histoire géologique de façon empirique et non didactique, amenant une expérience provocatrice et inoubliable de l’étendue et de l’impact de notre espèce. V.O. cantonnaise, mandarine, anglaise, russe, italienne, allemande
Sur les toits Havane
Niché au-dessus d’un quartier délabré de La Havane se cache un village secret, à l’abri du brouhaha des rues qu’il surplombe. Ces maisons de fortune sont habitées par Roberto, Lala, Tita, Arturo, Juan, José, Reynol, Leonardo, Alejandro, Diosbel, Katiuska, Gabriel, Jean et Maria. Comme beaucoup d’autres habitants du centre de La Havane, ils ont été contraints de se réfugier dans les hauteurs devant la pénurie chronique de logements. De leur perchoir juché au sommet de la ville, ils témoignent d’une société en pleine transformation historique après plus de 58 ans d’un gouvernement de la révolution. Pedro Ruiz est un diplômé en communication sociale, photojournaliste et cinéaste à qui l’on doit Animal tropical à Montréal, un portrait de l’écrivain Pedro Juan Gutiérrez. Son film La dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, nous plonge tout droit dans l’imagination déchaînée de l’écrivain Dany Laferrière et se mérite le Prix du public aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal, 2009. En 2012, le film Philémon chante Habana, présente une odyssée intime de l’auteur-compositeur Philémon Simon. En 2018, Pedro réalise Sur les toits, Havane, un voyage éblouissant et poétique à La Havane.
L’islam de mon enfance
En présence de la réalisatrice Nadia Zouaoui a grandi dans un pays musulman où la religion et la culture faisait bon ménage depuis des siècles. La tolérance était alors un sage médiateur entre la culture, la religion et les libertés individuelles. Ce film d’auteur est une quête intérieure dans l’islam de son enfance mais nous raconte aussi l’islam politique qui a essayé de détruire les cultures locales de l’Afrique du Nord et l’intégrisme qui a pris en otage des populations entières qui n’arrivent plus à avancer. Journaliste et réalisatrice de documentaires, Nadia Zouaoui maîtrise plus de quatre langues et sait être sensible aux cultures que celles-ci véhiculent. Elle s’est donné la mission de faire valoir son côté humaniste à travers son métier de journaliste et de réaliser des documentaires d’opinion afin de faciliter la construction de ponts entre les cultures, entre les pays du Nord et du Sud et entre les gens d’origines et d’opinions diverses. Son but est de susciter la pensée critique et le dialogue pour un meilleur vivre ensemble. Nadia a gagné plusieurs prix, notamment pour son film d’auteure Le voyage de Nadia, qui lui a valu le Gémeau de la meilleure écriture documentaire au Québec. Elle a aussi remporté un prix aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal et le grand prix du FIGRA en France (Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société). Son dernier documentaire Peur, Colère et Politique qui traite de l’islamophobie aux États-Unis, a aussi raflé le prix de la meilleure production indépendante dans […]