Je rougis un peu de l’avouer aujourd’hui, mais quand j’étais enfant, j’aurais préféré écouter des films que d’aller jouer dehors. Pas très santé, j’en conviens, mais tellement divertissant! Cela dit, je ne pourrais réduire le cinéma au qualificatif “divertissant”. Oui, j’étais amusée, mais aussi ultra-motivée d’aller accomplir de grandes choses, de partir à l’aventure comme les héros rencontrés dans la boîte carrée.
Je me souviens, une fois, être sortie du cinéma en rêvant de devenir une enseignante aussi dévouée que Mme Gruwell dans Écrire pour exister, remplissant le double défi d’intéresser des jeunes à la littérature et de faire tomber leur haine.
Une autre fois, je suis sortie du cinéma et je me disais que ce serait génial de piloter des avions. Sauver des centaines de personnes en effectuant des manoeuvres impossibles, alors que les moteurs auraient sauté.
Le film suivant, je m’imaginais grande scientifique. Je développerais un antidote à la pire épidémie que l’humanité ait connu, sauvant ni plus ni moins la race humaine d’une extinction imminente.
Et l’année dernière, Amy Adams me donnait envie de partir ma petite business pas claire, de vivre comme une hors-la-loi avec un escroc pour mari, manteau de fourrure et diamants en boni. Je n’ai rien de rebelle, mais à 24 images/seconde, je trouverais sans doute des traces de bandit dans mon ADN.
C’est fou ce que le septième art peut provoquer chez l’auditoire! Quelque cent vingt minutes et je reverrais totalement mon plan de vie. Mes études à l’Université? Pfff…moi j’emballe mon hibou et j’embarque dans le train pour Poudlard!
Le cinéma a ce pouvoir d’inspirer, d’ouvrir l’univers des possibles, voire d’effacer l’impossible. Avec ou sans effets spéciaux, les films savent nous transporter, nous toucher, ils transforment même notre monde. Et aujourd’hui, avec toutes les technologies qui nous entourent, quiconque le désir peut s’approprier le pouvoir du cinéma. On a tous une histoire à raconter. On peut tous produire l’étincelle. On peut tous donner vie à l’imaginaire.
Myriam Quenneville