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Le cinéma en région

DOSSIER LE CINÉMA EN ESTRIE

Le cinéma en région : point de vue d’un réalisateur local

Entrevue avec Pierre Javaux sur le cinéma en region estrienne
par Stéphanie Ratovonarivo

Biographie :

D’origine belge, Pierre Javaux est un réalisateur qui s’est beaucoup illustré en Estrie. Il a à son actif 50 heures de télévision diffusées sur les ondes de Radio-Canada, Télé-Québec, TQS et Canal savoir. Parmi ses travaux, on peut citer «L’Estrie évidemment ». Il y a aussi eu « Les petits bonheur de Clémence » avec Clémence Desrochers, « Médecine apprivoisée », « Des gens que je connais » et beaucoup d’autres encore. La série «Sur la scène » révèle en lui une passion pour les Arts de la scène. C’est pour cela qu’on retrouvera souvent sa signature dans les vidéos promotionnelles des compagnies théâtrales locales et notamment du «Théâtre des petites lanternes ».

Pierre Javaux a aussi exercé dans les vidéos dites commerciales. Il a réalisé plus de 2000 publicités pour COGECO, ainsi qu’une centaine de vidéos corporatives.Ce réalisateur a toujours voulu mettre en avant la vie en Estrie. Aujourd’hui, en plus de ses projets personnels, Pierre Javaux est un membre actif de Cinésis et est le président de la Course des Régions. Après 40 ans dans le métier, cet artiste est convaincu du potentiel en région. C’est pour cela qu’il s’investit beaucoup dans l’épanouissement de la relève cinématographique en Estrie.

Ceci est une transcription d’une entrevue avec Pierre Javaux, datée du 11 mars 2014.

Est-ce que l’Estrie est un vivier pour la production cinématographique?

L’Estrie a toujours attiré. C’est une région magnifique qui possède un patrimoine anglophone important. Les paysages sont riches ce qui permet une multiplicité de décors. De plus, la proximité de la frontière américaine rend plus accessible notre région.

Pour citer quelques exemples, plusieurs scènes de « Driving Miss Daisy » de Bruce Beresford, avec Morgan Freeman ont été tournées à North Hatley. Il y a aussi eu « Grey Owl » de Richard Attenborough avec Pierce Brosnan qui a été tourné sur le bord du lac Massawippi. « Lost and delirious » de Léa Pool a été tourné sur le campus de l’Université Bishop. La présence de grand producteur comme Jake Eberts, qui possèdait une résidence sur le bord du Memphrémagog, influe aussi sur le développement du cinéma ici.

Les films québécois ne sont pas non plus en reste. On se souvient des promenades sur le bord du Memphrémagog des personnages du « Déclin de l’empire américain » de Denys Arcand. Il y a aussi « La vie fantôme » de Jacques Leduc qui a remporté le prix du meilleur film canadien au festival de Montréal en 1992.

Qu’en est-il des « grosses » productions locales?

En août 2013 il est annoncé qu’une série pour Canal D, nommé « Dossiers mystères » sera entièrement tournée ici. C’est Lysanne Gallant, une comédienne et réalisatrice

sherbrookoise qui se retrouve à chapeauter ce projet. Plus de 250 acteurs, figurants et artisans de la région ont pris part au tournage des 26 épisodes. C’est une grande opportunité pour les travailleurs d’ici.

A un autre niveau, le réalisateur sherbrookois Mario Desmarais, qui a sa propre maison de production (Art et Images production inc.), s’est illustré dans les productions à l’étranger sur le thème de l’alimentation. Ses long-métrages documentaires lui valent souvent des nominations au Prix Gémeaux, décernés par l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision.

L’Estrie regorge de talents cachés. Malheureusement, au-delà de la qualité des projets, c’est leur viabilité qui est remise en cause. C’est triste et frustrant car les réalisateurs manquent de moyens pour atteindre leurs buts.

Mais qu’est-ce qui freine la production locale?

Ce qui nous manque, ce sont des gens qui veulent rester en région. La relève s’en va vers Montréal à la recherche d’opportunités. Ce qui n’est pas forcément plus simple car la concurrence est aussi rude là-bas. Pour qu’ils restent, il leur faut du support et des financements. Cependant, l’enveloppe régionale se réduit comme une peau de chagrin. Cela peut prendre plusieurs années avant de se faire une place et éventuellement, être rentable. Ce qui est vraiment dommage, vu leur potentiel.

Aussi, la production en région n’est pas valorisée. Au début des années 2000, il y avait « Le bureau de film et de television de l’Estrie » qui servait d’intermédiaire entre la région et les producteurs de cinéma. Cet organisme faisait les repérages et donnait toutes les possibilités de tournage. Cela a duré quelques années et ça a été bien fructueux.

Malheureusement, le bureau a fermé à cause de contraintes budgétaires. Depuis, le manque d’information devient un facteur de désistement.

Par ailleurs, il est aussi difficile de se rendre en région pour des tournages car L’AQTIS

(Alliance Quebecoise des Techniciens de l’Image et du Son du Québec) prévoit des frais supplémentaires en cas de tournage hors de la zone métropolitaine. Des discussions sont justement en cours entre l’APFTQ (L’association des producteurs de film et de télevision du Québec) et le Ministère de la Culture et des Communications, afin de trouver un moyen de financer ces “per diems” et ainsi, inciter les producteurs à se rendre en région.

Qu’en est-il de la relève cinématographique?

Elle est bien présente. La Course des Régions en est la preuve. Les résultats sont époustouflants. L’édition 2013 a reçu plus de 150 candidatures! La course offre un budget de 4000 dollars, une formation intensive à l’INIS, un coaching et tout l’été pour que les 13 finalistes donnent le meilleur d’eux-mêmes. L’investissement en temps et en argent est réel et cela donne des résultats extraordinaires.

L’intérêt du public pour la Relève est aussi bien ressenti. Autrefois, la Salle du Parvis et la Salle du Tremplin 16-30 faisaient des projections avec les moyens du bord. Aujourd’hui,

l’engouement pour le cinéma est tellement important, qu’elles se sont équipées de projecteurs de qualité professionnelle. La relève devient un créneau à ne pas manquer.

Plusieurs acteurs culturels veillent à la diffusion de cette nouvelle génération de cinéastes. Les Ciné-rencontres du Tremplin 16-30 projettent un court-métrage realisé par un vidéaste de la région avant chaque film. La Course des Régions, s’arrange pour que les films selectionnés partent dans des festivals internationaux et soient diffusés dans des cinémas parallèles comme « Le Cartier » à Québec ou « Le Cinéma du parc » à Montréal.

Dans la même optique, avec quelques professionnels du milieu culturel, nous avons crée Cinesis en 2013. C’est un organisme qui aimerait soutenir le cinéma vidéo et les arts médiatiques d’ici. Nous n’en sommes qu’à nos débuts mais nous espérons connaître le succès de « La bande Sonimage » du Saguenay-Lac St Jean, qui est un véritable pilier pour la production, la diffusion et la distribution locale.

 

Stéphanie Ratovonarivo

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